secrets-de-la-guerre-froide

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Les chevaliers du tire-fort. (P.M)

 

 

 

 

 

Ce court récit de pure fiction est dédié à tous les équipages, conducteurs, observateurs et chefs d’équipage, qui ont habilement tiré la VGL de la fâcheuse position où les avaient conduits la malchance, le terrain, le climat ou parfois leur inexpérience. Ils ont tous mérité leur promotion au grade de chevaliers du tire-fort ! Souvenez-vous…

 

treulliage.jpg

 

Le moteur rugit, le chef d’équipage aussi, le conducteur transpire, l’observateur soupire, la boue (ou le sable ou la neige) gicle, le pneu fume, mais la VGL ne bouge pas. On est bel et bien « planté » ! Ensablés, enlisés, embourbés et, en tout cas, bien embêtés ! Un malheur n’arrivant jamais seul, on se trouve comme par hasard dans une zone d’insécurité, en plein sur une piste tactique fréquentée par les Soviétiques (ou par la NVA). Il gèle (ou il pleut ou il neige), on n’y voit pas à dix mètres et on est tout près de l’objectif. Il va falloir faire vite mais c’est la première sortie du sergent X., il ne saura même pas débrayer le tire-fort[1] !Tout le monde a débarqué, le coffre est grand ouvert, il faut sortir les moyens lourds. Et, comme c’est lourd, c’est en-dessous ! Donc il faut d’abord tout sortir avant de récupérer la masse, la plaque, les aiguilles, le câble et le fameux tire-fort.  Au loin des ronronnements suspects. Civils ou militaires ? Un tracteur sauveur ou un BMP rageur ? Tant pis, on continue !

 

            La « manœuvre de force », comme disent les manuels ? Il faut un point d’appui. Le chef d’équipage cherche un arbre dans le brouillard épais pendant que l’adjudant Y. explique au sergent X. les subtilités du tire-fort. Pas d’arbre à l’horizon absent, il faut des points d’ancrage. Energiquement menée par Y., la masse s’abat à coups redoublés au ras des oreilles de X. cramponné aux aiguilles.

 

On commence à « treuiller » à quatre mains sur le levier, centimètre par centimètre, mais c’est la plaque qui avance et ce sont les aiguilles qui s’inclinent ! Quant à la VGL, elle n’a pas bougé d’un pouce. Il va falloir mettre les chaînes. Mais non, pas à l’avant ! Le cric s’enfonce, on met des planches, çà y est, les deux roues sont chaînées. La voiture a bougé !! Cette fois, la VGL avance sous l’action combinée du treuil et du labourage des roues chaînées.

 

Par prudence, on ne rentre pas tout de suite le matériel et on fait faire vingt mètres à la voiture. On a bien fait, la voilà replantée…Il faut tout recommencer !

 

 

 

Patrick .Manificat

 



[1] Engin barbare, lourd et encombrant, une sorte de treuil sensé permettre la traction « sans effort » d’une charge.

 

 

treuillage 1.jpg

 



24/04/2018
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