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1986-1992 ARMEE ROUGE-RETOUR VERS L’EST - seconde partie (R;Pi)

 

 

 

1986-1992 ARMEE ROUGE-RETOUR VERS L’EST

 

Seconde partie

 

Les forces en présence et le retrait.

 

 

Dès 1987 Gorbatchev avait pris la décision de la diminution des forces en RDA, cette diminution ne porte, en fait, que sur deux divisions et une brigade, et sur la promesse de retrait de six divisions qui ne serait qu’une contrepartie d’un retrait américain en RFA. Mais Kohl le chancelier en RFA, estime qu’un retrait d’USAREUR est prématuré. En réalité, le rapport global des forces ne change pas. 

 

En février 1988, la décision est prise par l'URSS de retirer ses troupes d’Afghanistan. L’opération  Chtorm-333, menée en décembre 1979 a donc pris fin. La confrontation URSS-USA par Talibans interposés a semé, en partie,  les graines d’une autre confrontation entre l’Occident et les nébuleuses terroristes, qui donneront un 11 septembre 2001, mais c’est une autre histoire.  Le retrait,  qui sera effectif en 1989, se fera en bon ordre et le gouvernement prosoviétique restera en place trois ans jusqu’à l’effondrement de l’Union des Républiques soviétiques. 

 

retrait des troupes d'Afgahanistan.jpg

 franchissement du pont
de la Liberté sur l'Amou-Daria
de  entre Afghanistan et URSS

 

Avril 1988, je suis en mission (1) quelque part entre Wrocław et Kraków en Pologne sur la voie ferrée qui traverse la Pologne d’ouest en est vers l’Ukraine.   Je décompte machinalement, un train de génie soviétique assez complet, dans la lueur blafarde d’un éclairage de passage à niveau. 37 matériels divers dont du PTS 70, du BMT, des Esd20VS, des DOK, de l’ATT, des BMP génie (matériels de franchissement, bateaux pousseurs, générateurs etc.). En fait, un bataillon incomplet d’un régiment génie de DFM (division de fusiliers motorisés). Les wagons d’accompagnement marqués DR (Deutsche Reichsbahn) m’indiquent sans erreur possible, que ce train provient de RDA et transite  dans la profondeur de la Pologne, très probablement vers Lviv en Ukraine. La composition du train,  l’état des matériels, le nombre de wagons d’accompagnement,  m’indiquent sans erreur possible, qu’il ne s’agit pas d’un départ en manœuvre mais bien d’un retrait.

 

 

Ainsi, durant ces années 1988 et 1989, j’observais, parfois, lors de ces surveillances de voies ferrées effectuées essentiellement de nuit, des trains de matériels en route vers la Biélorussie ou l’Ukraine. La journée nous avions d’autres priorités. Ces trains  essentiellement de logistique, de génie, d’artillerie démontraient que les Soviétiques utilisaient l’axe logistique RDA- Pologne – URSS. J’avais réussi à convaincre mes collègues britanniques, hollandais et belges de l’utilité de telles surveillances. Il n’est pas certain que la chaine balbutiante de l’exploitation du renseignement militaire français  de l’époque en ait été réellement persuadée.

 

094.jpg

Un train parmi d'autres

 

Ainsi, la MMFL de Potsdam, qui dépendait du Centre de renseignement avancé du CCFFA ne recevait pas les NR (2) du poste de Varsovie, ou avec retard et le poste de Varsovie ne recevait pas les NR pouvant intéresser notamment le trafic ferroviaire vers la Pologne. Seuls des déplacements personnels, lors de certaines liaisons diplomatiques à Berlin Ouest, permettaient  de combler ce vide,  en rendant quelques visites officieuses auprès de mes anciens camarades de la Mission.  

 

Pourtant, l’utilité d’un certain partage d’information entre services aurait pu être utile, d’autant plus que les forces soviétiques en RDA tout comme en Pologne, étaient coordonnées dans le cadre de vastes  plans stratégiques face à l’Ouest, et l’équipement en faisait partie.

 

Un exemple peut être évoqué, celui de l’arrivée du T80 au GFN (Pologne).  Observé en premier par le poste militaire français  de Varsovie en 1987, ce char extrêmement performant pour l’époque, (il l’est toujours) (3), ne pouvait que renforcer l’idée que le retrait de quelques forces en RDA était compensé par le renforcement  qualitatif des forces en Pologne.  Ce renforcement des forces du GFN sera observé jusqu’en 1989, selon un scénario bien connu. D’un côté on retire en fanfare,  des matériels obsolètes (T62), de l’autre on renforce discrètement avec des matériels plus modernes (T80). Nous avions vécu à la MMFL, cette manœuvre  en 1979 lors du retrait dit « Brejnev », qui consistait à retirer du GFSA des T62 et de les remplacer par du T64.   (1000 chars T62, en fait remplacés par le T64)

 

T 80 sur piste tactique en Pologne.jpg

 

 T 80 sur piste tactique en Pologne (photo auteur)

 

 

Les Forces soviétiques en présence en RDA et les implantations d’unités. (1987)

 

forces en pérsence.jpg

 

 

 338.000 hommes – 5 armées  de Choc -  11 divisions blindées – 8 divisions de fusiliers motorisés (DFM) – 1 division d’artillerie (34°DA) – 1 brigade d’assaut par air -12 brigades de missiles nucléaires SS21 et Scud-  400 avions d’attaque au sol – 305 intercepteurs – 65 avions de reconnaissance – 375 hélicoptères.

 

 

Les forces soviétiques en Pologne,  organisées autour de deux divisions, une DB et une DFM plus leurs éléments organiques,  étaient loin d’être négligeables et  formaient le second échelon des forces face à l’ouest avec celles de Hongrie et de Tchécoslovaquie. Equipées de matériels  de plus en plus performants, elles étaient toutes à effectifs quasi complets et possédaient leur dotation guerre. Le suivi de leurs desserrements, hors de leurs  garnisons et de leurs mouvements d’ampleur sur piste tactique  toutes orientées vers l’ouest, qui s’effectuaient  en unités complètes avec leur logistique, ne laissait que peu de doute quant à leur capacité offensive, à un bémol près, les faiblesses éventuelles dues au moral et au défaut de compétence étaient difficilement mesurables mais largement compensées par le nombre, ce qui reste encore aujourd’hui sensiblement le cas. Face à cette menace, l’OTAN  avait mis en place une dissuasion dites par représailles. La dissuasion par représailles reposait sur la notion de « dommages inacceptables », pouvant notamment être infligés par une riposte nucléaire massive en réponse à une attaque soviétique, que cette dernière soit de nature conventionnelle ou nucléaire.  Quant à la dissuasion par interdiction, elle consistait à empêcher physiquement l'agresseur d'atteindre son objectif. Pour répondre,   l'OTAN avait donc mis en place une défense avancée le long de sa frontière avec l'Union soviétique.  

 

 

 

 

 

Répartition des effectifs et matériels entre les différentes forces soviétiques en Europe de l’est.

    

  Groupes  Forces

Effectifs

Chars

Véh.combat.

d’Infanterie

Artillerie

Avions de combat

Hélico d’attaque

Missiles

nucl.

 

GFSA

 

GFC

 

GFN

 

GFS

 

338.000

 

73.500

 

56.000

 

44.670

 

4.200

 

1.220

 

598

 

860

 

8.200

 

2.500

 

485

 

1.143

 

3.680

 

1.218

 

354

 

622

 

691

 

76

 

201

 

194

 

683

 

146

 

85

 

138

 

150

 

30

 

20

 

12

 

 

 

Fort heureusement,  puisque la confrontation réelle n’a pas eu lieu en Centre Europe entre le GFO, le pacte de Varsovie et l’OTAN nul ne peut mesurer si l’OTAN avait fait le bon choix. Le concept de dissuasion par représailles et de dissuasion par interdiction demandait des délais de montée en puissance et de préparation pour que les renforts américains arrivent en Europe (Reforger). Cela impliquait  la nécessité impérieuse de détenir suffisamment de renseignements prédictifs.  (4) C’est la raison pour laquelle, la question des euromissiles était cruciale (5). Chacun se souvient de la phrase prononcée par François Mitterand. A Bruxelles au cours d’un dîner officiel, il s’en prend aux pacifistes qui ne cessent de manifester essentiellement en Allemagne de l’ouest contre les Euromissiles américains. «  Moi aussi je suis contre les euromissiles. Seulement je constate des choses simples : le pacifisme est à l’Ouest et les euromissiles sont à l’Est. Je pense qu’il s’agit-là d’un rapport inégal » Subtilité de la langue française pour dire qu’on est contre tout en étant pour...  

 

Le rapport de forces entre pacte de Varsovie et OTAN est objectivement de 3 à 4 contre 1 en faveur du PAVA dans le domaine des blindés et de l’artillerie. Seul le domaine 3D, à l’exclusion des hélicoptères, est en faveur de l’OTAN. La désinformation était à double détente,  à l’ouest, certains maintenaient que les matériels soviétiques étaient vulnérables, d’autres avançaient des chiffres volontairement surévalués, ce qui renforçaient les arguments  des lobbies militaro-industriels afin d’obtenir toujours plus de moyens et de crédits. La réalité comme toujours était beaucoup plus complexe.

 

Sur le terrain,  les observateurs et notamment les membres des missions de Potsdam, américaine, britannique et française, décrivaient la réalité d’un outil sinon performant au moins réel et opérationnel, dans des proportions quantitatives que les états-majors ne pouvaient en totalité prendre en compte sans remettre en cause une partie des choix qui étaient les leurs. Face au T64 et aux BMP2 et surtout à leur nombre, et au ratio pièces d’artillerie LRM, nos AMX30 et nos AMX10P n’auraient pas pesé bien lourds. Il est vrai que nous n’aurions pas été en première ligne. Les Américains possédaient dans les années 80 essentiellement du M60A3 et les allemands du LéopardA1 seuls chars de niveau comparable au T72/64 de l’époque.  Si le matériel n’est qu’un élément de mesure, la qualité des hommes en est un autre, ainsi que la capacité de résilience des populations.  Si les combats avaient été menés sur le territoire de la RFA,  très urbanisé et à forte densité d'habitants,  il n’est pas certain que le moral des populations de l’ouest ait pu tenir longtemps.

  

A titre de comparaison, la capacité totale de la force blindée de l’armée française se comparait à peine à la capacité de deux divisions du GFO, et encore pas totalement puisque notre déficit en appui, en 3D et en couverture antiaérienne était plus que flagrant. Cette réalité difficile à admettre était pourtant l’unique évidence à retenir. Quant à notre capacité à combattre, nos préparations physique et morale,  étaient-elles à l’époque si supérieures à celles de nos adversaires ? Nous n’aurons jamais la réponse, et c’est tant mieux.

 

Le 7 décembre 1988, le Président Gorbatchev annonce à l’assemblée générale des Nations unies la réduction unilatérale des forces classiques soviétiques, en particulier de celles stationnées dans les pays de l’Est. Dans son esprit, c’est un moyen de gagner du temps pour mettre en place sa politique de perestroïka et sa glasnost.

 

Cette diminution des forces  ne porte, en fait, que sur deux divisions et une brigade, sur la promesse de retrait de six divisions qui ne serait qu’une contrepartie d’un retrait américain en RFA. Mais Kohl estime qu’un retrait d’USAREUR est prématuré. Le rapport global des forces ne change pas. 

 

Dès février 1988, la décision est prise par l’URSS de retirer les troupes d’Afghanistan. Le retrait, effectif en 1989, se fera en bon ordre et le gouvernement prosoviétique restera en place trois ans jusqu’à l’effondrement de l’Union des Républiques soviétiques. 

 

Le 9 novembre 1989, c’est la chute du mur de Berlin.  Un an plus tard, la réunification allemande est en marche. Désormais les forces d’occupation soviétique en RDA et dans les autres pays du pacte de Varsovie sont stationnées au sein d’Etats ayant retrouvé leur souveraineté. Le 12 septembre 1990, l’accord baptisé 2 + 4 est signé. 2 pour RFA et URSS, 4 pour les trois alliés historiques Etats-Unis, Grande-Bretagne,  France et URSS.

 

Il faut imaginer la difficulté d’un tel accord. L’URSS est en phase de désintégration. L’Ukraine et la Biélorussie veulent récupérer une partie des troupes du GFO, 11 à 12 % des unités rapatriées La RFA est prête à payer mais l’URSS demande environ 36 milliards de DM. Alors que Gorbatchev demande 16 à 18 milliards, la RFA accorde  finalement 12 milliards pour construire 46 000 maisons. Le général Burlakov demandait des villas (ce qui lui vaut le surnom de général Bungalow), il en a gagné quelques-unes. La plupart ne seront jamais construites. Des trains de matériaux de construction disparaissent entre la  Pologne et l’Ukraine, ou arrivent quasiment vides. Et pourtant, de nombreuses casernes de RDA sont démantelées. Tout y passe, tuyauterie, sanitaire, à Dalgow,  lieu de stationnement de la 35°DFMG,  les bâtiments laissent entrevoir des ouvertures béantes sans fenêtres, elles ont aussi été démontées.

 

Le problème du démantèlement nucléaire et de la sécurité des convois est à peine évoqué, et pourtant la plus formidable opération logistique de tous les temps va commencer, elle se fera sans catastrophes majeures. Si on avait des doutes quant à la capacité soviétique de faire mouvement, ces doutes peuvent désormais être levés.   

 

De 1991 à 1994, de retour à la vie civile, alors que je suis de retour dans l’ex- RDA, dans des conditions bien différentes,  j’ai parcouru l’ex-RDA pour revoir  certains lieux que je connaissais bien et d’autres qui nous étaient interdits. Partout, des installations en cours d’abandon, des camps de manœuvres vides, des  bâtiments sous la garde de quelques sentinelles n’ayant reçu apparemment aucune consigne précise.  Les autorités de  RFA en interdisent peu à peu tous les accès, ce qui est un minimum compte tenu  de la dépollution rendue nécessaire, par les  munitions non explosées la vidange sauvage d’huiles et de carburants...  Au détour d’une route  quasiment tout pouvait se vendre et s’acheter, carburant, uniforme, voire armement, mais aussi documents, souvenirs...

 

 T -64.jpg
stock de T 64

 

La destruction sur place de 2500 blindés est  effectuée, en fait, ceux qui encombraient certains dépôts, Il est aussi envisagé la destruction de 75000 tonnes de munitions. Mais l’essentiel des matériels et des troupes est progressivement rapatrié dans une quasi opération Overlord à l’envers. Les missions de Potsdam parcourent des camps immenses désormais ouverts et survolent des concentrations de matériels inimaginables. Un régiment de Hind se pose quelque part en Biélorussie faute de carburant et les pilotes attendront des semaines avant d’être rapatriés, couchant comme des vagabonds dans leur machine, ne voulant pas les abandonner. Au retour, la plupart des familles ne trouveront jamais les logements promis, des centaines de régiments sont dissous  et des matériels sont stockés à l’infini  en plein champs en Ukraine et en Biélorussie (ils le sont encore aujourd’hui). Certes, il est plus facile de déplacer des forces aériennes, à condition d’avoir du carburant,  mais le démontage des milliers de matériels radars et d’infrastructure prendra du temps. Pourtant, et malgré la déliquescence de l’Etat central, globalement le retrait s’effectue dans l’ordre et dans une certaine dignité. Mais cet épisode restera à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont vécu. Le ressenti est celle d’une défaite, et la volonté des Russes de laver cet affront est l’un des éléments du retour en Russie à une certaine forme de nationalisme. Nos dirigeants feraient mieux  d’en tenir compte. Il y a aura avec la Russie des limites à ne plus dépasser.

 

L’humiliation est à son comble, lorsque la  Pologne, pour des arguments essentiellement politiques et par méfiance envers les Soviétiques, refuse que ceux-ci empruntent les voies de communication voies ferrées et surtout route pour le retrait vers l’Est. Mais n’hésite pas à créer une taxe de passage pour compenser les quatre jours nécessaires à sa traversée.

 

En conséquence, le gros des forces transitera par les ports de la Baltique, à bord de ferries. Un terminal est créé, celui de Mukran, à l’est de l’île de Rügen près de Sassnitz. Voir le très intéressant article du général Faivre intitulé « le retrait des forces soviétiques d’Europe de l’est »(6)

 

Le bilan est lourd. Les régimes occidentaux en dépit des mesures de surveillance  et de comptage mises en place, sont probablement restés en deçà des réalités. C’est ainsi que de nombreux chars et autre matériels furent stockés quasiment neufs en Ukraine. J’en avais déjà la certitude en 1989. D’ailleurs,  nombreux  sont réapparus dans le conflit du Donbass, dans les forces ukrainiennes et notamment des  chars T64, des automoteurs d’artillerie 2S1 et 2S3, des 152D20, 130M46,  des matériels disparus des radars des spécialistes et cependant encore opérationnels.

 

 T 64 donbass.jpg

 T64 au Donbass

 

 

Le dernier char soviétique a quitté la RDA en 1994,  la guerre froide aura vécu mais rien n’est réellement réglé. Les pays sortis du bloc soviétique vont s’intégrer progressivement aux organisations occidentales du type militaire comme l’OTAN ou économique comme dans l’Union Européenne.

 

L’Occident, après cet épisode  est entré dans une période euphorique et irraisonnée d’une  jouissance de  soi-disant dividendes de la paix, s’enfonçant un peu plus dans l’illusion de sa toute puissance économique et refusant la main tendue de la Russie pour établir une relation nouvelle entre l’Europe et l’immense glacis de la Bretagne à l’Oural. Les Etats-Unis ont rêvé d’être le leadership incontesté du monde, ils ne le sont définitivement plus, et la guerre économique que Trump est en train de dessiner est un marqueur de leur déclin.

 

En Europe, les frontières internes de l’URSS, décidées par Staline en 1945, ne sont devenues frontières internationales qu’en 1991, avec l’indépendance des anciennes républiques soviétiques, puis frontières de l’Union européenne en 1995 et 2004. Elles restent fragiles au regard du poids de l’histoire et des cultures.  La vague de migrants venus d’ailleurs montre tout autant nos différences. Des conflits ont eu lieu en Ex-Yougoslavie et  les conflits en Ukraine et en Crimée nous  rappellent sans cesse notre fragilité.

 

L’URSS a perdu une bataille sans guerre, l’Occident a cru en sa victoire sans dommages,  qui est le plus en danger aujourd’hui ?  La  question porte en elle des éléments de la réponse.

 

N’oublions jamais comme le dit si bien  Alexis de Tocqueville que « Quand le passé n'éclaire plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres. »

 

Roland Pietrini

 

(1)   J’étais affecté, à l’époque,  au poste militaire de Varsovie en Pologne, en qualité d’attaché, avec une partie représentation visible et une autre plus discrète d’action sur le terrain. Cette histoire, non-écrite, des postes militaires dans les pays de l’Est, entre présence et espionnage est encore un sujet sensible, compte tenu des relations  qui existent toujours entre la France et les ex-pays de l’est.  Même s’il s’agit de secrets qui n’en sont pas vraiment, car tout le monde espionnait tout le monde, le sujet reste sensible.

 

(2)   NR : note de renseignement.

 

 

(3)   Du T-72 au T-90 : les promesses de l’Armata (extrait d’un article de l’organe officiel de presse russe, https://fr.sputniknews.com/defense/201308081022648470/) avec les réserves qui s’imposent.

La spécificité de la planification économique soviétique n’a pas permis de faire du T-72 le seul char de l’industrie et des armées. Parallèlement, la production du T-64 (qui a cessé lorsque l’usine de Kharkov est passée au T-80UD) et du T-80 (commencée en 1976 à Leningrad et arrêtée à Omsk au milieu des années 1990 avec le modèle T-80U) s’est poursuivie. Après la chute de l’URSS, la Russie a dû choisir, parce que le pays affaibli ne pouvait           pas assumer en même temps la production du T-72 et du T-80. Le T-90 ouralien avec des équipements améliorés et une production localisée en Russie, et le T-80UM d’Omsk se sont portés candidats pour devenir le char de l’armée russe. La construction plus simple et le moindre coût faisait pencher la balance du côté du T-90, comme cela avait été le cas vingt ans plus tôt pour le T-72. Ce tank a donc été produit en série et a commencé à doter les forces armées, et aussi à être exporté. D’ailleurs, la commande indienne à la charnière des années 1990 et 2000 a été le seul moyen permettant à la production de ce véhicule de subsister. Au fil du temps, le T-90 s’est perfectionné, s’éloignant progressivement de l’« Oural » de base. Cependant, les capacités économiques étaient trop faibles pour le produire en nombre suffisant. C’est pour cela que le T-72 reste encore le principal engin de l’armée russe. Toutefois, le progrès technique et l’augmentation des dépenses militaires ont permis de commencer la modernisation du parc de T-72, en améliorant ses caractéristiques pour atteindre le niveau de son successeur. Sur ce point, les espoirs sont placés dans le nouveau compartiment avec une nouvelle tourelle, élaboré pour le T-90AM (et sa version d’exportation le T-90SM). Il pourrait être installé tant sur les anciennes versions du T-90 que sur les T-72, leur conférant ainsi les caractéristiques d’un char de nouvelle génération avec des capacités améliorées et des moyens de détection, de communication et de conduite de tir modernes. La protection du tank évolue également, à la fois par l’installation de la nouvelle tourelle et par les plaques de protection dynamique de nouvelle génération placées sur le blindage. Ainsi, le T-72 modernisé pourra continuer à être construit jusqu’à ce qu’il soit remplacé par les chars de nouvelle génération du constructeur ouralien, basés sur la plateforme de combat Armata. T

(4)   De la dissuasion, revue de l’OTAN https://www.nato.int/docu/review/2016/Also-in-2016/nato-deterrence-defence-alliance/FR/index.htm

 

(5)   Rapport de forces OTAN – PAVA, source OTAN. A lire le renseignement et la capacité d’anticipation - La Direction du Renseignement Militaire (DRM) Par Benoît PUGA, le 23 mars 2010  https://www.diploweb.com/La-Direction-du-Renseignement.html

OTAN

 

PAVA

2,6

Effectif militaire (en millions

4,0

84

Divisions d’active

173

13000

Chars de bataille

42500

10750

Artillerie

31500

400

Hélicoptères d’attaque

700

2975

Avions tactiques

7240

 

 

 

 

(6)   En 1977, les Soviétiques profitent de failles contenues dans les accords SALT I de 1972 pour installer des missiles SS-20 à moyenne portée (de 500 à 5 000 km) sur leur territoire, ce qui procure une supériorité importante aux Soviétiques, qui peuvent alors atteindre de vastes zones hors du Bloc de l'Est : Europe de l'Ouest, Moyen-Orient, Chine, Japon. Les Européens craignaient une attaque de l'URSS qui serait dévastatrice, car bénéficiant maintenant d'une possibilité de première frappe rapide à leur encontre et contre d'autres alliés des États-Unis. En réponse, les États-Unis firent mettre en place, essentiellement en RFA, des missiles Pershing II. Chacun des blocs pointait vers l'autre une armada de missiles, d'une puissance jusque-là inégalée sur une si faible surface de la terre. En décembre 1987, l'URSS et les États-Unis se mettent d'accord, au sommet de Washington, pour l'« Option Zéro », comme l'avait proposé le président Reagan en 1981, et suppriment ainsi tous les SS-20 situés en Europe de l'Est (Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire) ainsi que les 108 Pershing II et les 304 missiles de croisière alors installés. L'URSS, sous l'égide de Mikhaïl Gorbatchev se lance dans la Perestroïka qui l'oblige à se concentrer sur ses problèmes intérieurs : elle met donc en place une véritable politique de désarmement, en acceptant le contrôle sur son propre territoire, ce qu'avaient toujours refusé ses prédécesseurs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_euromissiles

 

 

 

 

 

 

 

 

(7)   Extrait des notes du général Faivre du 1° juin 2006, avec l’autorisation de l’auteur,  qui a écrit un article de fond remarquable sur le sujet et notamment sur les négociations pour le retrait des forces en Allemagne.

 

« Les autres négociations de retrait : Le retrait des forces de Tchécoslovaquie et de Hongrie pose moins de problèmes, en raison de leur moindre effectif. Le 26 février 1990, un accord Gorbatchev-Havel confirme les plans établis par les négociateurs. Il est aussitôt mis en œuvre et conduit à bien grâce à l’efficacité des cheminots tchèques. Le transfert de 60.000 tonnes de munitions présente quelques difficultés. Les problèmes de propriété immobilière et de finances seront réglés en août-septembre 1991. Malgré un certain climat antisoviétique, les trains soviétiques portent des pancartes « Good by Czechoslovakia ».

En Hongrie, un retrait partiel a eu lieu en septembre 1989. L’accord définitif est signé le 10 mars 1990. Les négociations achoppent sur les dommages causés à l’environnement et sur le coût des batiments construits sans autorisation. Un comité mixte est créé pour régler ces difficultés. Les Soviets réclament 53 milliards et les Hongrois 80 milliards. Un renoncement mutuel est conclu le 11 novembre 1992 entre les Présidents Eltsine et Antal.

Comprise dans le plan de retrait de Gorbatchev, la Pologne commence à négocier en février 1990. Un retrait partiel a lieu en septembre 1990 et les négociations se poursuivent en décembre. Les Polonais font des difficultés pour le transit du GFSA et se plaignent de la dégradation de l’environnement et de la contamination chimique. Il faut redévelopper les propriétés évacuées par les Russes et restaurer l’environnement. De leur côté, les Soviétiques demandent 400 millions de dollars pour avoir libéré la Pologne ! La Pologne propose alors l’option zéro et un accord est signé le 22 mai 1992.

In fine le général Ostrowski note que 50 ans de présence soviétique ont créé une certaine accoutumance. Alliance pour les uns, occupation au nom de l’Alliance pour d’autres, certains y ont vu des avantages sociaux, politiques et économiques. Cependant la dépendance de la Pologne envers l’URSS a été totale  et la contribution financière élevée. ».

 

 

Première partie: https://www.secrets-de-la-guerre-froide.com/1986-1992-armee-rouge-retour-vers-lest-premiere-partie



08/07/2018
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