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1986-1992 ARMEE ROUGE-RETOUR VERS L’EST- première partie . R.Pi

 

Le dernier chef du KGB, Vladimir Krioutchkov affirmait peu avant sa mort en 2007 que « l’URSS avait été détruite par les trahisons de Vetrov (Farewell) et de Gorbatchev. » Dans cette première partie, l’auteur qui a exercé ses talents d’officier de renseignement en RDA et en Pologne, revient sur les années 80 au cours desquelles ont été réunis tous les ingrédients de la chute du mur qui a précédé celle de l’URSS : Affaire Farewell, avènement de Gorbatchev, traité sur les forces nucléaires, diminution des forces classiques soviétiques, fin de la course aux armements, Solidarnosc, Jean-Paul II, « vacances » hongroises…et un Premier secrétaire est-allemand totalement coupé des réalités. On voit bien que la guerre froide a changé de nature mais de là à prévoir la chute brutale du mur, il y a un pas que l’auteur ne franchit pas pour une simple raison : personne ne pouvait prévoir une chute aussi rapide et survenue de cette manière…  Patrick Manificat

 

 

 

1986-1992 ARMEE ROUGE-RETOUR VERS L’EST

 

Première partie

 

La situation géopolitique.

 

Il est quasiment impossible de décrire l’immense opération de retrait des forces soviétiques des pays de l’ex-pacte de Varsovie sans revenir sur les forces en présence au moment où Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev prend la tête en mars 1985 du PCURSS (parti communiste de l’Union des républiques socialistes  soviétiques)  et en devient le secrétaire général.

 

 

La situation internationale est extrêmement tendue. La guerre d’Afghanistan mobilise militairement une partie négligeable des forces terrestres soviétiques, dont quelques unités du GFSA (1), mais la bataille se joue ailleurs, entre les deux grandes puissances et par opinion publique interposée. La nomination de Gorbatchev, qui est un homme issu du système, intervient lorsque les caciques du Kremlin, y compris les plus  fossilisés, prennent conscience de l’immense fossé qui se creuse entre l’Occident et l’URSS dans les domaines économiques et de la course aux armements mais aussi, dans celui de la recherche et de l’information. L’affaire Farewell (2) a eu un effet dévastateur, les conséquences en avaient été réellement mesurées en 1983 par le KGB. Quant à  la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986, qui surviendra au pire moment de l’histoire de l’URSS, elle est,  à mon sens, l’un des éléments important par ses conséquences dévastatrices dans l’effondrement du monde socialiste et de ce qui restera pour un temps limité, leurs certitudes et de leurs illusions.

 

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Gorbatchev est, à 55 ans, un homme dont l’intelligence et la clairvoyance ne peuvent être mises en doute. Il tente d’insuffler une nouvelle jeunesse à l’économie de l’URSS. Il tire en partie son inspiration d'Alexander Nikolaevich Iakovlev, un « libéral », ancien ambassadeur au Canada, et essaye progressivement de conjuguer glasnost et perestroïka (3) afin de sauver ce qui dans son esprit peut encore être sauvé, c’est-à-dire l’unité de la grande Russie. Mais les tenants des « avantages acquis et des privilèges » des membres du vieux parti qui ne porte de « travailleurs » que le nom, font échouer sa politique. Pourtant, en 1987, Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan offrent des vœux croisés à leurs deux peuples, et la gorbimania rend plus populaire «Gorby » aux Etats-Unis et en Europe que ne l’est à l’époque Ronald (Reagan). Comprend-il déjà que la situation du maintien en Europe de l’est de la tutelle de l’URSS  est un combat perdu d’avance ?  C’est probable. 

 

Gorbatchev Reagan.jpgGorbatchev -Reagan

 

Au printemps 1989 alors qu’il est en Chine, sur la fameuse muraille, un journaliste demande à Gorbatchev son sentiment sur la Chine et en parlant de la muraille, il dit « très bel ouvrage.. ». Mais,  à  la seconde question que le journaliste pose  « Voulez-vous qu’on élimine celui de Berlin ? ». Il répond « pourquoi pas ? » En quelque sorte, la messe est dite.

 

Quelque temps auparavant, Le 8 décembre 1987, après une guerre de l’information extrême entre l’Est et l’Ouest en Europe, les États-Unis et l’Union soviétique signent à Washington le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, qui prévoit la destruction dans un délai de trois ans de tous les missiles à charges nucléaires et à charges conventionnelles en Europe ayant une portée de 500 à 5 500 km, dont les fameux SS-20 et Pershing II. Ce traité est considéré comme le premier accord réel de désarmement nucléaire et sonne la fin apparente  de la course aux armements entre les deux Grands.

 

Le 7 décembre 1988, le Président Gorbatchev annonce à l'assemblée générale des Nations-Unies la réduction unilatérale des forces classiques soviétiques, en particulier de celles stationnées dans les pays de l'Est. Dans son esprit, c’est un moyen de gagner du temps pour mettre en place sa perestroïka et sa glasnost. La transparence ne pouvant être dissociée de la vérité et les réformes ne ne pouvant exister sans la révélation de la réalité. Il fallait donc tuer le mensonge pour sauver le système, mais avec le recul on voit bien que c’est finalement la vérité qui l’a achevé.   

 

timbre prestroika.jpg

 Timbre pérestroïka et glasnost

(c'est un levier de la créativité vivante des masses)

 

 

Cette  vérité est que devant  les USA qui maintiennent l’illusion de la guerre des étoiles, l’URSS ne peut plus suivre. Une partie du piège s’est refermée.

 

Alors que les États-Unis consacrent 8 % de leur PIB, soit 405,4 milliards de dollars en 1985 à leur budget militaire,  le budget militaire de l'URSS absorbe 15 à 20 % du PIB, et ne peut dégager très probablement que  la moitié en équivalent dollars pour tenir à niveau, leurs immenses forces terrestres, aériennes, maritimes et stratégiques.  

 

Cette réalité,  en dépit de la désinformation sur les chiffres,  orchestrés par l’URSS et les Etats-Unis pour des raisons opposées mais néanmoins concomitantes.  Le premier,  Gorbatchev avec les analystes du KGB, ne pouvant plus ignorer que l’URSS  ne peut plus faire face à ces coûts exponentiels et continuer cette course folle, sans annihiler tout espoir d’améliorer les conditions de vie des populations, justifie sa nouvelle politique par cette prise de conscience. L’autre,  Reagan,  ayant intérêt à surestimer la puissance militaire de l’URSS (4) afin de justifier les énormes investissements dans la défense notamment face au congrès américain. Mais,  pour l’un comme pour l’autre, le temps du statu quo n’est plus possible

 

Pour l’URSS, le constat est cruel, le système militaro-industriel est à bout de souffle, les plans succèdent aux plans et les chiffres, notamment de la production industrielle,  nul désormais ne l’ignore, ne sont qu’inexactitudes et mensonges. Le mensonge et la corruption sont d’ailleurs érigés en système social : C’est ainsi qu’Alexandre Zinoviev, dans l’avenir radieux indique avec humour «   Qu'un intellectuel soviétique arrive à placer son fils à l’université tout de suite après l’école et sans aucun piston, c’est bien plus impressionnant qu’un lieutenant corse qui devient empereur de France »

 

Les pays de l’Est, qui  ressentent l’affaiblissement inéluctable de l’URSS, Pologne et Hongrie en tête,  décrochent du  grand projet socialiste commun et montrent la voie vers un besoin de libéralisation et d’amélioration des conditions de vie.

 

En Pologne, dès août 1980 les grèves et le syndicat Solidarnosc avec à sa tête un ouvrier électricien de Gdansk, Lech Walesa, soutenu (manipulé ?) par l’Eglise, mais aussi étroitement surveillé par le SB, (Służba Bezpieczeństwa, service de sécurité d’état) démontrent la fragilité du système.

 

lech-walesa-solidarnosc-1980-reuters.jpgLech Walesa- Solidarnosc ( image Reuters)

 

Devant la situation qui se dégrade fortement, le général Jaruzelski, ministre de la défense,  qui a la confiance de Moscou,  devient président du conseil des ministres le 11 février 1981.   Le 13 décembre de cette même année, alors que la situation se dégrade fortement,  il est sommé  de maitriser la situation sous la menace d’une intervention du pacte de Varsovie - la RDA de Honecker qui voit la déstabilisation de la Pologne comme une menace directe envers sa propre stabilité pousse à l’intervention -  Jaruzelski,  est alors contraint de  mettre en place un régime sévère de contrainte avec l’Etat de siège (5) et éloigne ainsi la perspective d’une intervention du pacte de Varsovie.  

 

La situation de la Pologne est particulière, contrairement aux autres pays de l’est, c’est un pays catholique et  le communisme, par réaction et désir de résistance, a plutôt renforcé l’Eglise qui a toujours eu un rôle social et politique prépondérant, sans jamais réussir à l’affaiblir. En 1984, l’épisode dramatique de l’assassinat du prêtre de Solidarnosc Jerzy Popiełuszko (6) par le SB, démontre que seule l’église polonaise qui structure le mouvement Solidarnosc est en mesure de  résister au communisme.   

 

Dès 1978, l’élection  d’un pape d’origine polonaise Jean-Paul II, est un bouleversement. (7). Le pape se déplace deux fois en Pologne, la première fois en 1979, alors qu’il est à peine élu, cela a pour conséquence de libérer la parole et les actions. C’est ainsi que  le mouvement de grève né à Gdansk,  qui secoue la Pologne à l'été 1980 entraîne des bouleversements politiques et la formation de Solidarnosc (Solidarité), auquel adhérent des millions de travailleurs ;  et la  seconde fois du 8 au 14 juin 1987.  En cette magnifique journée du 12 juin, en célébrant la messe de clôture du Congrès eucharistique national, il rencontre sur la Westerplatte les jeunes  et  célèbre la messe à Zaspa, qui est un quartier des chantiers navals de Gdańsk, devant  lui, plus d’un million de fidèles, c’est à cette occasion qu’il  lance un appel historique en faveur de l’application des « accords de Gdańsk ». Auparavant, il avait rencontré les dirigeants du mouvement Solidarnosc et notamment Lech Walesa. 

 

 

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Photo Roland Pietrini (tous droits réservés)

 

J’étais présent dans cette foule.  La veille j’avais accompagné le colonel C. lors d’une rencontre avec la garde rapprochée de Walesa, notamment son confesseur, évêque et colonel de réserve de l’armée polonaise, un curieux personnage et la doctoresse personnelle de Walesa qui parlait un français impeccable. La conversation fut très instructive. Nous en avons tiré de nombreux enseignements  et notamment la réflexion d’un jeune prêtre, nous a donné à réfléchir, se confiant à un jeune séminariste, il lui dit  « il y a de quoi nous inquiéter, si le communisme tombe, notre influence (celle de l’église) tombera avec ». Parmi l’assemblée d’une douzaine de personnes, autour de la table et d’un menu à base de poissons, il ne fait aucun doute que des représentants du SB (Służba Bezpieczeństwa)  étaient présents, peut-être l’un des séminaristes ?

 

La peur avait changé de camp.

 

Le 5 avril 1989 une table ronde a lieu entre Jaruzelski et Solidarnosc, après de multiples reports, au château de Jabłonna près de Varsovie et permet la signature d’un accord historique  avec l'aval de Gorbatchev. Pour la première fois depuis 1946, des élections libres seront organisés en Europe de l'Est; mais cette liberté reste contrôlée et limitée dans sa portée. Le "modèle" testé en Pologne doit être celui d'une modération  de l'hégémonie du parti communiste. Solidarnosc concède 65 % des 460 sièges de la Diète au Parti et à ses alliés, en s'engageant à ne pas leur opposer de candidats

 

Dans les pays du pacte de Varsovie, seul la RDA, avec Honecker totalement coupé des réalités, semble résister à la marche de l’histoire. Alors Gorbatchev qui n’a plus qu’un choix, si ce n’est  celui de  montrer sa bonne  volonté, et d’essayer de sauver ce qui peut encore l’être, lui dira que quoi qu’il arrive, les troupes soviétiques resteront dans leurs casernes.

 

 

gorbatchev hoenecker.jpgAllemagne. Berlin. 21 avril 1986. Mikhail Gorbachev embrasse Honecker

 

 

Le 9 novembre 1989, c’est la chute du mur de Berlin. Personne en réalité ne s’y attendait aussi vite et de cette manière. Certes,  en mai 1989, les gardes-frontières  hongrois commencent à démonter, à plusieurs endroits, la clôture de sécurité qui sépare l'Autriche et la Hongrie. Ce sont les premières percées dans le rideau de fer qui divise l'Europe en deux depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Dès l’été 1989, des milliers d'Allemands de l'est, qui avaient l'habitude de passer leurs vacances en Hongrie, en profitent pour franchir la frontière vers l'Autriche et rejoindre ainsi l'Europe de l'ouest. Les ambassades d'Allemagne de l'ouest sont prises d'assaut. A Prague, jusqu'à 5 000 personnes investissent les jardins du Palais Lobkowicz, siège de la représentation diplomatique ouest-allemande, pour obtenir un visa.

 

 

20090928PHOWWW00509.jpg Le  10 novembre au checkpoint charlie

 

 

Le 30 septembre 1989, le ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne de l'ouest, Hans-Dietrich Genscher, annonce aux milliers de personnes présentes dans le jardin leur départ immédiat pour l’Ouest : "nous sommes venus ici pour vous annoncer que votre départ à l'étranger..." Sa voix est noyée sous les cris de la foule euphorique.

 

Mais aucune chancellerie, aucun poste diplomatique n’était préparé à une chute aussi rapide.

 

Pour une dernière fois, sans le savoir,  je franchissais le 4 août 1989, sous statut diplomatique,  les frontières de la  Pologne et de la RDA à Słubice, puis de la RDA vers la RFA à Helmstedt, sans noter quoi que ce soit de particulier. En novembre le rideau de fer et le mur de Berlin, symbole de la guerre froide et des scories de la seconde guerre mondiale s’effondraient. Un monde nouveau allait apparaitre. J’ai suivi ce bouleversement depuis le ministère de la défense rageant de n’en être qu’un témoin passif.  

 

 

Un par un les régimes communistes et totalitaires allaient s’effondrer comme des châteaux de cartes, y compris le couple Ceausescu, abattu ce  soir de Noël 1989, comme des chiens après un simulacre de procès, finissant ainsi leur vie comme tous ceux qui pensaient qu’ils seraient à jamais intouchables car protégés par leur Sécurité d’Etat et l’illusion de puissance de leur système de terreur.  

 

exécution ceaucescu.jpgUn monde qui s'effondre contre un mur : exécution du couple Ceausescu

 

Un an plus tard, la réunification allemande, contre l’avis des grands de ce monde, (Mitterrand n’y était pas favorable), inéluctablement est en marche (8).  Désormais les forces d’occupation soviétique en RDA et dans les autres pays du pacte de Varsovie sont stationnées au sein d’états ayant retrouvé leur souveraineté. Le 12 septembre 1990, l’accord baptisé 2 + 4 est signé. 2 pour RFA et URSS, 4 pour les trois alliés historiques Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et URSS.

 

Il faut imaginer la difficulté d’un tel accord. L’URSS est en phase de désintégration. L’Ukraine et la Biélorussie veulent récupérer une partie des troupes du GFSA. La RFA est prête à payer mais l’URSS demande environ 36 milliards de DM. Le problème du démantèlement nucléaire et de la sécurité des convois est à peine évoqué, et pourtant la plus formidable opération logistique de tous les temps va commencer...

 

Fin de la première partie.

 

Roland Pietrini

 

(1)  GFSA : groupe des forces soviétiques en Allemagne (de l’est) puis par la suite GFO (groupe des forces ouest.)

 

 

(2)   Glasnost et perestroïka : En 1985, Mikhaïl Gorbatchev lance les réformes majeures qui vont bouleverser l'URSS. Cette nouvelle politique s'appuie sur deux axes principaux : une volonté affichée de plus grande transparence (glasnost) et l'impératif de nécessaires restructurations (perestroïka).

 

 

 

(3)   Affaire Farewell : Vladimir Ippolitovitch Vetrov né le 10 octobre 1932, est également connu sous son nom de code « Farewell », lieutenant-colonel du KGB responsable de la section Europe occidentale de ce service. Il est devenu dans des conditions rocambolesques un agent de la DST. Sa chute le sera tout autant. Il a permis à celle-ci et aux autres services occidentaux de renseignement de mieux connaître les méthodes et la structure du KGB dans les années 1980, en pleine guerre froide,  Mitterrand s'en est servi pour "réchauffer" les relations franco-américaine.

 

Selon Reagan ce fut « la plus grande affaire d’espionnage du XXe siècle », et pour l'historien Marc Ferro, cette histoire a contribué à la chute de l’URSS.

  

(4) Avant sa révision à la baisse des taux de croissance des dépenses militaires soviétiques, soit en 1983, la CIA indiquait dans son estimation en dollars que Moscou aurait dépensé pour la défense $420 milliards de plus que les États-Unis pour la période allant de 1971 à 1980. Ces mêmes estimations de coûts en dollars ramenées préalablement à un niveau réaliste ont prouvé toutefois que l'OTAN disposait de 250 milliards de plus que les pays du pacte de Varsovie, y compris l'URSS. Comme le professeur Franklyn Holzman l'a fait remarquer, « si l'on rectifie cet écart de 250 milliards pour qu'il soit en notre faveur, en d'autres mots si l'on tient compte de l'effet des indicateurs économiques, de l'impact de la Chine et de l'erreur récente de la CIA (qui reconnaît avoir fourni des taux de croissance artificiellement augmentés)..., l'écart entre I'OTAN et les pays du pacte de Varsovie grimpe à 600 milliards. Par conséquent, l'examen du contexte politique global indique que I'OTAN bénéficie d'un avantage apparemment énorme puisqu'il dépasserait trois milliards de dollars. Les dépenses militaires soviétiques ou le fardeau de la défense soviétique - Carl G. Jacobsen

 

 (5)L'état de siège ou l'état de guerre, en polonais (stan wojenny) a été instauré en République populaire de Pologne le 13 décembre 1981 et resta en vigueur jusqu'au 22 juillet 1983. Le gouvernement a interné sans procès pour plusieurs mois ou condamné à la prison de nombreux militants d'opposition ou anciens dirigeants communistes. Le couvre-feu, la censure ont été introduits, les frontières et les aéroports ont été fermés. Plus de 10 000 cadres et militants syndicaux sont internés dans 48 camps. Je fus témoin des  hivers 86-87, particulièrement rigoureux, qui ont entrainé de nombreux décès par privation et manque de soins dans les campagnes. Le 17 avril 2007, les responsables de son instauration en Pologne (les généraux Wojciech Jaruzelski, Czesław Kiszczak et sept autres personnes) ont été officiellement inculpés pour « crime communiste ». Depuis,  certains leurs reconnaissent la volonté d’avoir voulu sauver la Pologne d’une invasion par les troupes de Varsovie. En 1981,   la MMFL avait suivi de très près  en RDA, ( j'en faisais partie) la mise en alerte des forces est-allemandes et du GFSA, dans des conditions difficiles et hivernales. Les équipages s’étaient relayés par cycle de  48 h sur les principaux axes de pénétration vers la Pologne et les ZDO. Contribuant ainsi à suivre de très près la réalité des menaces pesant sur la Pologne.

 

(6) Aumônier du syndicat Solidarność, il est l'une des figures emblématiques de la lutte contre le régime communiste en Pologne. En mars 1984, le Pape lui envoie un cadeau pour le féliciter d'avoir osé critiquer la décision du gouvernement polonais d'interdire les crucifix dans les écoles. La police politique organise le 13 octobre 1984 un accident de voiture pour le tuer mais il en réchappe. au retour d'une visite pastorale à Bydgoszcz, la voiture de l'ecclésiastique est arrêtée par un véhicule banalisé de la police : il est enlevé par trois officiers de la SB près de Włocławek, à 160 km au nord-ouest de Varsovie et est placé dans le coffre de la voiture de ses ravisseurs. Son chauffeur, l'ancien parachutiste Waldemar Chrostowski, menotté et placé de force dans l'habitacle, réussit à s'échapper et à avertir la population mettant fin à la tentative gouvernementale brutale de reprise en main du pays. Après avoir été torturé jusqu'à ce que mort s'ensuive, Jerzy Popiełuszko est lesté puis jeté dans un réservoir d'eau de la Vistule. Son corps méconnaissable, entravé par du barbelé,  ne sera découvert par des plongeurs que plusieurs jours plus tard dans ce réservoir, grâce aux aveux des trois officiers.

 

Le 3 novembre 1984, plus de 500 000 personnes rendent un dernier hommage au père Jerzy Popiełuszko, dont les obsèques célébrées en l'église Saint-Stanislas-Kostka de Varsovie insufflent une seconde vie au syndicat Solidarność alors bâillonné.

 

Il a été béatifié le 6 juin 2010 à Varsovie.

 

(7) Il est vrai que l’élection du Pape Jean-Paul II en 1978 et son premier voyage en Pologne en juin 1979 avaient déjà modifié le regard que nous portions sur la situation en Pologne lorsqu’en février 1980 éclata la première grève des Chantiers de Gdansk. Sans ce Pape, sans la force de sa parole et de sa présence, Solidarnosc n’aurait pas été possible. Mais il fallait sans doute avoir des oreilles et un cœur polonais pour comprendre toute la portée de ses interventions comme l’exposera Mgr Jozef Zycinski.

 

(8) Interview de Gorbatchev Le Monde | 05.04.2013 à 16h24 | Propos recueillis par Daniel Vernet.

 

A propos de la réunification allemande : à quel moment avez-vous été convaincu que la réunification est inévitable ?

 

En octobre 1989, déjà, au moment du 40e anniversaire de la RDA. Une grande manifestation avait été organisée pour cet anniversaire. Il y avait à Berlin-Est un défilé impressionnant dans lequel étaient représentées toutes les régions de la RDA. Et je voyais bien que les participants cherchaient à s'adresser directement à moi : "Aide-nous, aide-nous !"

 

https://www.lemonde.fr/europe/article/2013/04/05/mikhail-gorbatchev-en-1989-l-histoire-est-sortie-de-ses-gonds_1263193_3214.html

 

et

 

Lors d'un entretien télévisé le 10 décembre 1989 à l’Élysée, Mitterrand est longuement interrogé sur le destin de l’Allemagne. « Le problème de la réunification allemande est posé en permanence », dit-il, et il prend le soin d’expliquer quels sont le cadre et les conditions d’un tel processus

 

A lire l’ITV en totalité sur : https://fresques.ina.fr/mitterrand/fiche-media/Mitter00046/francois-mitterrand-sur-l-allemagne-et-sa-reunification.html

 

 

 



01/07/2018
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